Le Débrief du 10 Mai 2019

Depuis quelques jours je vois passer cette publication, très fréquemment partagée – et visiblement appréciée – sur mon fil d’actualité Facebook.

Le texte est bien écrit (malgré quelques énormes fautes de français), le story-telling est bien posé et il dépeint une réalité qu’il est difficile de contester. C’est d’ailleurs probablement l’une des raisons pour lesquelles il emporte une telle adhésion, car au pays de Zola et des luttes sociales on récolte d’autant plus de Likes que l’on sait faire pleurer dans les chaumières.

Alors bien sûr on ne peut qu’être d’accord avec ce qui est décrit dans ce plaidoyer anti-uberisation. Mais on peut aussi prendre un peu de recul et en avoir une lecture sensiblement différente. Je sais par exemple que nombre d’étudiants sont absolument ravis de travailler pour ces plateformes car elles répondent précisément à leurs besoins et à leur mode de vie, à savoir : pas de patron, pas d’horaires, bosser quand on veut (et peut) et se faire de l’argent de poche. Pour beaucoup, c’est mieux que travailler au McDo, de pousser des palettes chez Amazon ou de tenir une caisse chez Franprix.

Et là généralement on me répond que la plupart des personnes travaillant pour ces plateformes ne sont pas étudiantes mais en recherche d’un vrai travail, et que ces start-ups les maintiennent dans la précarité. C’est là que je dis qu’il y a sûrement erreur de casting : si l’on cherche un « vrai » job salarié, on ne prend pas un statut d’auto-entrepreneur pour aller livrer des carottes rappées. Ou alors on fait cela pendant quelques semaines en attendant de trouver un vrai emploi. Et ce d’autant plus dans un pays où nombre d’entreprises proposant de vrais emplois en CDI ne trouvent pas preneurs.

Oui, on peut crier à l’exploitation de l’homme par l’algorithme, mais je crois que le problème se situe ailleurs. Et, sans vouloir les défendre, les entreprises incriminées dans ce long post n’en sont qu’un symptôme.

Carottes rappées
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