L’information est passée inaperçue en dehors des cercles d’initiés et de passionnés : il y a quelques jours, La Direction générale de l’armement validait une commande de nano-drones Black Hornet 3 pour l’armée de Terre.

De quoi s’agit-il ? Pour vous la faire simple, le Black Hornet PRS passe pour être le « plus petit système aérien sans pilote au monde ». Le dispositif a été développé par la société norvégienne Prox Dynamics, devenue par la suite une filiale du groupe américain FLIR. En résumé, il s’agit d’un drone ou plutôt d’un hélicoptère miniature de la taille d’une cigarette électronique et d’un poids de 18 grammes qui peut voler à 5 mètres par seconde à une altitude de 10 mètres et envoyer des images HD sur un moniteur vidéo qui équipe les fantassins au sol. Un système hyper sophistiqué embarquant les dernières technologies d’espionnage militaire, qui permet d’opérer des reconnaissances visuelles sur des lieux de conflits sans risquer la vie des hommes au sol.

En tant qu’amateur de drones, je ne peux que saluer cette initiative high-tech fascinante. Mais vous me connaissez, je ne peux pour autant m’empêcher de m’interroger. Car le budget de cet investissement laisse songeur. L’Armée a dépensé exactement 77,4 millions d’euros hors TVA pour cette acquisition. Alors bien sûr, cette somme comprend la livraison des nano-drones ainsi que les « prestations associées. » Mais pour tout vous dire, j’avais déjà traité le sujet en 2013 quand l’armée anglaise avait conclu un contrat du même type, à une époque où les drones de loisirs en étaient à leurs balbutiements. Or, vu l’évolution fulgurante et la sophistication des dernières machines arrivées sur le marché, qui embarquent plus d’intelligence que ce Black Hornet, j’étais persuadé que la société qui les produisait n’existait plus, qu’elle aurait été laminée par la déferlante tech chinoise, et que les militaires s’équipaient avec des drones « grand public » de dernière génération, comme le déjà font les pompiers ou la police.

Car sans avoir de preuves formelles, on parle d’un prix à l’unité qui varie entre 40 000 euros (commande française) et… 194 000 euros (commande anglaise) ! Oui, c’est bien le prix d’UNE unité, qui comprend deux drones, le poste de commande avec retour vidéo, les batteries et une sacoche de transport.

Je veux bien que le Hornet soit très pointu, aux normes militaires, et produit en petites séries, mais je rappelle qu’un DJI Mavic Air à peine plus gros et bourré de fonctions intelligentes coûte moins de 1000 euros. Une telle différence de prix interroge, et met surtout en perspective le fait que l’évolution de technologies pointues autrefois réservées à des marchés de niches professionnelles peut totalement faire s’effondrer l’offre de valeur des fournisseurs de ces marchés.

C’est pas cher, c’est l’état qui paye
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