Le Débrief du 19 octobre 2018

Or donc il semblerait que le RGPD ait quelques effets inattendus, que d’aucuns qualifieraient d’indésirables, ou « d’effets de bord ». Ou encore de dégâts collatéraux. Comme c’est bizarre…

De quoi parlons-nous exactement ? Selon certains experts de la question, le RGPD, cette usine à gaz d’un genre dont seuls les technocrates de Bruxelles ont le secret, serait tout bénéfice pour ceux qu’elle est censée combattre, à savoir les GAFA. Comme prévu, ajouteraient les plus critiques.

Dans sa volonté de nous protéger des méchants internets (et de nous-même, parce-que nous manquons fatalement de discernement), et remplie de bonnes intentions envers l’internaute européen, la Commission Européenne a bâti un magnifique dispositif dont l’efficacité est tellement redoutable qu’elle a d’abord eu un premier effet assez inattendu : certains sites américains on carrément bloqué leur accès aux internautes de l’UE. C’est le cas par exemple du LA Times, que je ne peux plus lire sans activer mon VPN alors qu’il figurait dans mes sources régulières. Deuxième effet : la mise en conformité des sites web est un véritable cauchemar dans lequel de nombreux éditeurs sont encore empêtrés. Très honnêtement, nous avons fait le maximum pour que Presse-citron soit « compliant » mais l’état de mes compétences – très limitées – en matière juridique communautaire ne me permet pas de garantir que nous le soyons à 100%.

Résultat, ce qui devait arriver arriva : seules les entreprises les plus riches et les mieux dotées en services juridiques tirent leur épingle du jeu et parviennent profiter à leur avantage du RGPD. Vous voyez de qui je parle ? De Google, Facebook, Amazon et consorts, bien sûr. Les GAFA, qui savent parfaitement exploiter des données encore plus pointues et donc plus exploitables.

Sans pression.

Autrement dit, à part emmerder les internautes avec des pop-ups de cookies qui polluent les pages et que tout le monde s’empresse de fermer sans les lire, et faire sombrer les petits éditeurs dans le stress et la dépression, le RGPD – dont la France, fidèle à son habituelle hystérie réglementaire, fut l’un des principaux artisans – ne semble pas servir pas à grand chose. Ou alors il y a un sérieux manque de pédagogie autour de ce dispositif, qui in fine est peut-être vertueux, va savoir.

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Ainsi est le RGPD.

Dégâts collatéraux
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