Le Débrief du 21 septembre 2018

Madame la ministre des transports Elisabeth Borne a indiqué ce matin qu’elle souhaitait inscrire dans son projet de loi d’orientation des mobilités une mesure pour réglementer la circulation des trottinettes électriques. Dans ce texte, il serait question d’interdire les trottinettes électriques sur les trottoirs.

C’est un sujet sérieux la trott’ électrique les amis, ne riez pas. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici et ailleurs, je pense que nous sommes à la veille d’une révolution dans les mobilités urbaines, et que la trottinette pourrait bien y contribuer en grande partie. Mais nous avons un problème : notre personnel politique. A une époque où nous sommes tous à peu près d’accord sur le diagnostic (la pollution en ville) et sur les moyens d’y remédier (se déplacer différemment) en gagnant au passage un espace de liberté supplémentaire que nous jugeons légitime, il y aura toujours un.e ministre ou un.e député.e pour s’empresser de légiférer, et donc de restreindre ladite liberté.

Résumons : rouler en voiture c’est mal. Trouver une alternative agile, peu encombrante, à la portée de tous et surtout pas polluante à l’usage (je ne parle pas de la fabrication ni du stockage), c’est mal aussi. Je ne conteste pas le fait qu’il faille trouver une solution au danger potentiel qu’un Fangio en trottinette électrique peut faire courir à des piétons (un choc à 25 km/h entre deux personnes non protégées peut être très grave) mais encore une fois je pense que la question n’est pas abordée de la bonne façon. Car le problème est que les trottinettes électriques n’ont théoriquement pas le droit non plus de rouler sur la chaussée. Il reste donc les pistes cyclables, ce qui en limite terriblement l’usage. En résumé, la ministre veut interdire un usage sans en proposer un en remplacement. En attendant de trouver une taxe, probablement la prochaine étape.

Je pense qu’il serait beaucoup plus intelligent d’imposer un bridage « mode piéton » aux constructeurs, que l’on activerait manuellement dès que l’on est sur un trottoir et qui limiterait la vitesse à 5 km/h, avec une diode visible quelque part sur l’engin, servant de témoin pour d’éventuels contrôles. Et soyons fous, avec les progrès en précision des GPS et pourquoi pas une petite couche d’intelligence artificielle, on pourrait imaginer un bridage qui s’activerait automatiquement dès que l’on est sur un trottoir.

Quoiqu’il en soit, se déplacer en trottinette vous rapproche davantage du piéton que du cycliste. Une notion essentielle qui semble pourtant avoir totalement échappé à madame Borne.

Faire le trottoir, c’est mal
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