Si vous doutiez du fait que Google, ancienne startup étudiante devenue Chef des internets, préfère les médias traditionnels et historiques aux blogs et autres pure players nés avec le web, vous allez être perdre vos dernières illusions : la liste des les lauréats du « Fonds Google pour l’innovation dans les médias » ressemble à un catalogue de vieux titres de la presse écrite française, de ceux qui sont généralement intubés depuis des décennies aux subventions publiques.

Ainsi Le Monde, jamais avare de leçons de morale quand il s’agit d’épingler les GAFAM, vient-il de se voir attribuer la plus belle enveloppe du dispositif en raflant la somme rondelette de 752 500 euros « pour développer son logiciel de gestion de contenus ». Oui, on parle d’un CMS, même pas d’un truc dopé à l’intelligence artificielle. Rappelons que Le Monde touche déjà chaque année une subvention publique d’environ 5 millions d’euros au titre de l’aide de l’Etat aux titres de presse.

Parmi les autres heureux élus du fonds Google, ne cherchez pas de média pure player ou totalement innovant. A part Loopsider et peut-être Contexte, tout le reste relève de l’habituelle litanie que l’on retrouve généralement en bonne place dans les listings de la presse subventionnée : Ouest-France, Nice-Matin, l’Express ou encore l’incontournable Libération, moribond, mais qui tient depuis des lustres sous respiration artificielle grâce aux subsides de l’Etat (et donc de notre pognon). Même TF1, chaine la plus riche d’Europe, a droit à son petit chèque de 400 000 euros pour « adapter et créer des contenus pour les enceintes connectées ». Waou !

Si Google reste un géant de l’innovation, il semblerait qu’en matière de médias, le savoir-faire et le lobbying des professionnels de la subvention ait eu raison de son discernement.

Ce qui n’est finalement pas si étonnant quand on voit comment son priorisées les sources dans son agrégateur d’actualité Google News…

Google n’aime pas les pure players
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