Le Débrief du 23 novembre 2018

Cette semaine, le réseau social de photo Instagram a annoncé qu’il allait utiliser un nouveau programme maison d’intelligence artificielle pour sévir contre ceux parmi ses membres qui trichent en vue de s’attribuer une notoriété qui ne correspond pas à la réalité. Il faut dire que les services qui permettent d’acquérir de façon accélérée des followers, des Likes et des commentaires ne manquent pas, et qu’ils rivalisent d’ingéniosité pour aider les instagramers en mal de visibilité à en gagner, moyennant finance évidemment.

Dans cette grande foire au fakes, tous les réseaux sociaux sont confrontés à cette question des faux followers, faux Likes et faux commentaires, et essayent de lutter à leur manière. L’enjeu est de taille : certaines marques font confiance à des influenceurs en se fiant uniquement à leur nombre d’abonnés et les paient parfois des fortunes pour qu’ils publient sur leur compte des promotions sponsorisées. Cette tromperie sur la marchandise pourrait se retourner à terme contre Instagram, quand les marques s’apercevront que la visibilité tant convoitée n’est pas au rendez-vous.

Une mesure qui m’a rappelé un constat : les blogueurs « historiques » avec de fortes communautés, qui étaient déjà là il y a dix ou quinze ans, et pour qui le terme « influenceurs » a été inventé (oui ça ne date pas d’Instagram) sont très peu présents sur Instagram. Question d’âge, de génération ? Peut-être, mais pas seulement. S’ils ont « raté » le virage Instagram et ne comptent que quelques centaines (ou milliers dans le meilleur des cas) d’abonnés, c’est probablement pour une autre raison, toute simple : en tant que early adopters ou défricheurs, ils ont testé l’application souvent dès sa sortie (mon compte a été créé en 2010) mais ont trouvé ce truc inutile et sans intérêt. D’une par parce-qu’ils étaient plutôt versés sur l’écrit, et d’autre part, surtout, parce-qu’ils utilisaient déjà tous depuis longtemps des applications de retouche photo, photos qu’ils diffusaient ensuite sur Twitter, Facebook ou même Flickr. Ils ont donc vu cette nouvelle app avec ses filtres grossiers comme une sorte de régression sans intérêt et qui ne ferait sûrement pas long feu. Funeste erreur de jugement ! Depuis, ils rament (enfin, pas tous) pour essayer de rattraper leur retard à l’allumage.

ous aurez compris que quand je dis « ils », je m’inclus dedans, évidemment, car je sais de quoi je parle 🙂

La chasse est ouverte
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