Le Débrief du 1er Février 2019

Celles et ceux qui sont accro aux séries, notamment sur Netflix, et plus précisément les séries américaines, l’auront probablement remarqué : il est rare que toutes les saisons soient égales en qualité. Il est rare aussi qu’il n’y ait pas une saison complètement ratée, voire inutile. C’est généralement vers la fin que cela se gâte.

Le dernier exemple qui me vient en tête est celui de House of Cards dont j’ai suivi les cinq premières saisons frénétiquement (malgré quelques longueurs), et dont j’ai abandonné la sixième et dernière après deux épisodes tant j’ai trouvé cela ennuyeux. Attention spoiler, la fin de la dernière saison de Bloodline, une série que j’ai adorée, est également totalement ridicule et WTF.

Et puis il y a les séries dont la première saison est une vraie claque, et dont on sent dès la deuxième saison que cela va ronronner dans une sorte de routine sans vrai scénario, sans vraie histoire, mais que l’on accepte car les acteurs et les caractères des personnages sont généralement excellents, la musique envoûtante et la photographie superbe. Du coup on se laisse bercer un peu comme sur un bateau ivre au fil de l’eau : on ne sait pas vraiment où on va, on s’emmerde vaguement mais on reste parce-ce que cette dérive n’est pas désagréable.

Ce flottement a peut-être une explication, et elle tient dans le métier même de scénariste à Hollywood. Les gens qui écrivent des histoires dans la capitale du cinéma sont des OS du scénario, des petites mains qui travaillent à la chaine sur commande. Et comme le business prime sur la création, il est fréquent qu’une deuxième saison d’une série à succès soit lancée avant même que les auteurs en aient l’intégralité de la trame. Le tournage commence alors sans que personne ne sache exactement ce qu’il va se passer dans les épisodes suivants, et encore moins à la fin de la saison, le scénario étant écrit au fur et à mesure du tournage. Une méthode de travail éprouvée qui semble-t-il déteint également sur le cinéma. A moins que ce soit l’inverse… Toujours est-il que nous sommes parfois suspendus, souffle coupé, à des histoires dont même ceux qui vous les racontent ne connaissent pas la fin.

Tout l’inverse des entrepreneurs, finalement. Ou pas ?

La loi des séries
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