Or donc la France, l’autre pays des start-ups, était la deuxième délégation en nombre de jeunes entreprises innovantes au CES de Las Vegas qui ferme ses portes ce soir, derrière la Chine et devant les USA. Excusez du peu.

Je ne voudrais pas passer pour un grincheux ou un briseur de rêve, d’autant que je n’y étais pas cette année, mais bon, on ne m’empêchera pas de penser que tout ce barnum autour de la French Tech au pays de l’Oncle Sam commence à friser le ridicule. Comme si la quantité était gage de qualité, et surtout, de réussite. Il y aurait 420 entreprises dont 380 startups françaises au CES, nous dit-on. Soit plus que les USA, qui ont pourtant une culture de l’innovation et du business sans comparaison avec la nôtre, et une population juste cinq fois supérieure… Seriously ?

S’est-on vraiment interrogé sur la réelle pertinence d’un tel déplacement en masse ? Car à part quelques exceptions – souvent des boites Tech relativement bien établies comme Withings ou Parrot (qui n’y va plus depuis deux ans) – que retient-on des startups qui ont flambé à Vegas ? Alors bien sûr tout n’est pas à jeter avec l’eau du bain, car il y a beaucoup d’entrepreneurs de talent à l’Eureka Park du CES, et des jeunes entreprises géniales qui sont là pour grandir et durer, mais j’ai quand même l’impression que la machine à bullshit a un peu tendance à s’emballer, poussée par des politiques, des consultants et des élus qui sont trop heureux de fanfaronner et de faire partie de la fête. Sans parler des coûts de cette grande foire, largement financés par des fonds publics, pour lesquels il faudra bien qu’un jour tout ce petit monde rende des comptes et présente la facture.

Mais bon, ce n’est pas pour demain, nous sommes ZE Start-up Nation, donc tout est bon pour le faire savoir, et ceux qui renâclent n’ont pas vraiment droit au chapitre. Je crois en fait que nous sommes en plein effet rebond : notre pays a pris tellement de retard dans l’innovation et le développement de conditions favorables à l’entrepreneuriat que nous nous sentons obligés aujourd’hui d’en faire des tonnes et de montrer au monde que nous sommes les meilleurs. Du coup j’ai bien peur que le CES ressemble un peu à un cache-misère, et que pour les start-ups présentes sur place, le vieux proverbe s’applique aussi : « What happens in Vegas, Stays in Vegas »

Las Vegas, la ville la plus chère de France
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