Facebook a encore une fois été au cœur de la tourmente ces derniers jours. On reproche cette fois au réseau social de n’avoir pas réagi à temps lors de l’attentat terroriste de Christchurch et d’avoir laissé le tueur diffuser son massacre en direct Live pendant dix-sept minutes.

C’est long, dix-sept minutes, c’est très long. Surtout en direct. Je le sais d’autant mieux que je me livre à cet exercice (pas de tuer des gens, hein) tous les lundi matin avec le Kick off en streaming sur Facebook Live, et que les sessions durent généralement entre quinze et vingt minutes.

Mais peut-on vraiment blamer Facebook sur son manque de réactivité dans le contexte complètement surréaliste de cet évènement ? Je n’en suis pas convaincu.

Tout d’abord, comme le rappelle Guy Rosen, un Product Manager de Facebook, l’intelligence artificielle ne peut pas tout identifier, car cette dernière s’appuie sur un corpus de données important pour pouvoir fonctionner. Or, personne n’avait encore entrainé les algorithmes de Facebook à digérer des attaques comme celle-ci, tout simplement parce-que les données n’existent pas. D’autre part, et c’est peut-être ce qui interpelle le plus, pendant les dix-sept minutes de Live, sur les (seulement) deux-cent personnes qui ont vu la vidéo en direct, personne ne l’a signalée, le premier report ayant eu lieu douze minutes après la fin du Live.

L’attentat de Christchurch était formaté sur mesure pour internet, or internet – et donc les réseaux sociaux – font partie de notre vie. C’est terrible mais il faut s’attendre à d’autres Christchurch, et dans ce cas c’est peut-être notre propre voyeurisme qu’il faudrait interroger.

Lust for Live
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