Le Débrief du 28 septembre 2018

Apple, notamment par la voix de son PDG Tim Cook, fait savoir qu’il n’y aura pas de sexe, pas de violence et pas de drogues dans les programmes exclusifs que la marque va produire pour sa future chaine SVOD.

Un positionnement très bon chic bon genre qui cadre finalement assez bien avec l’image ultra-lisse que veut renvoyer la firme. Aussi lisse que la forme et le toucher de ses produits, qu’il s’agisse d’un Mac, d’un iPhone ou d’une Apple Watch. Aussi lisse, et parfois, disons-le, niais que son correcteur orthographique, qui s’obstine à ne pas reconnaitre les mots d’argot, sans parler de certaines subtilités de la langue française.

Alors que des milliards d’humains utilisent ses produits, et parmi eux, certainement pas que des saints, Apple a choisi son camp : celui d’un monde sans aspérités, façonné à son image, où rien ne doit dépasser. Un monde parfait, en quelque sorte. Tout se passe comme si Tim Cook voulait faire de son antenne de production de contenus le nouveau Disney, un univers familial propre sur lui, très grand public, comme une sorte de bulle déconnectée de la vraie vie. A cette différence près que Disney produisait jusqu’à il y a quelques années seulement des programmes pour les enfants, ce qui ne semble pas être spécialement la volonté d’Apple. Bien sûr il y a une arrière-pensée marketing derrière cette frilosité : ne choquer personne pour plaire au plus grand monde, et probablement vendre encore plus de produits siglés de la pomme.

Chacun fait ce qu’il veut dans son jardin, mais cette vision du monde selon Apple n’en garde pas moins quelque-chose de dérangeant. On peut se demander si cette pudibonderie américaine imposée au monde (voir la censure permanente et ridicule du moindre bout de chair sur Facebook), qui relève également du soft power, ne finit pas par se révéler aussi nocive que l’abus de violence et de pornographie dont elle se targue de vouloir nous protéger.

Cela me rappelle un vieux téléfilm, « La Colonie » (un truc introuvable), une histoire dans laquelle une famille s’installait dans un drôle de lotissement privé et coupé du monde, où tout était beau, et où tous les habitants étaient absolument adorables. Un véritable paradis.

Jusqu’à ce que…

No sex, no drugs, no rock’n’roll
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